Bienvenue sur le site de Kao-Ly Yang sur les Problématiques contemporaines Hmong
Le fondement et les caractéristiques
communes de l’identité Miao/Hmong
Directrice de l’Institut de Culture des Minorités,
Académie provinciale des sciences sociales de Guizhou, Guyang, Province de Guizhou, Chine
Avant-Propos
De Kao-Ly Yang
Cet article est définitivement une très belle pièce de contribution aux études Miao/Hmong. L’auteur, Zhang Xiao, chercheuse miao chinoise si riche d’expériences de terrain de plus de trente ans, a présenté et rassemblé ici des indices importants et des faits précis sur l’état de connaissance de l’histoire ancienne des Miao/Hmong. Les données composées de littérature ancienne, de rituels, et d’observations sont précieux et fiables en vue d’autres recherches plus approfondies dans les domaine de l’ethnohistoire, de l’anthropologie, de l’archéologie, de la linguistique, et bien d’autres domaines encore.
Ce qui rend cet article attachant, ce sont
les anecdotes relatées où l’auteur décrivait avec étonnement ses sentiments et
les regards des Hmong d’Amérique et de France qui sont à la fois si proches
d’elle par ce constant souci de retrouver les racines de la culture hmong/miao
mais aussi si loin d’elle par l’incommunicabilité des langages miao/hmong même.
Je crois que ce sont ces rencontres qui ont généré sa prise de conscience de ce
champ de recherche, ou du moins en associant une fraction manquante du groupe
car cette dernière avait immigré en dehors de la Chine. En outre, l’auteur a
posé une intéressante et engagée analyse du terme « miao », ce qui
contribue à redéfinir les usages des ethnonymes aussi bien pour les
scientifiques que les gens de cette culture. Mais en tout et pour tout, de même
origine ethnique, nous, la chercheuse, les voyageurs à la recherche d’identité
ou la traductrice, nous cristallisons sur une unique
question: « Qu’est-ce qui fait que nous formons un même groupe ethnique
alors que nous ne nous comprenons plus entre Miao/Hmong de Hunan, de
Guizhou et des USA et de France? » Dans cet article, l’auteur répond à
cette question en pointant les origines historiques communes. C’est important
de les connaître car pour aller quelque part, il faudrait savoir d’où l’on
venait. Cette connaissance de ses racines satisfait bien des états d’âme et la
soif de l’identité, et la faim de fierté et de distinction culturelle.
Zhang Xiao a
aussi placé un message de demande de coopération entre ceux restés en Chine et
ceux partis comme migrants, maintenant devenus prospères, se permettant enfin
de repartir à la conquête des racines du passé. Dans ce monde de globalisation,
Zhang Xiao en tant que chercheuse indigène assume plus de voix dans ce rôle de
femme, d’intellectuelle et de mère ; elle doit élever une voix pour la
recherche, une voix pour l’urgence de préserver ce passé déjà trop longtemps
relégué aux mythes, et une pour le progrès et l’adaptation aux nouveaux modes
de vie. De plus, migration n’est plus synonyme de honte et de misère à long
terme. Immigrer devient un moyen de survie, et les Miao/Hmong le savaient
depuis cinq milles ans.
Enfin, j’ai lu puis traduit cet article
avec tellement de plaisir mais aussi de tristesse car il y avait eu tellement
de départs vers l’inconnu, de séparation à vie, de morts et sacrifices dans les
histoires des individus. La Diaspora miao est certainement une des plus
anciennes de l’histoire de l’Humanité dont les membres continuent de
revendiquer leur ethnicité. J’ai aussi compris que plus de recherche sur les
Hmong sont nécessaires pour comprendre ce peuple qui a un message de survie
pour d’autres nations et d’autres minorités. Ce peuple a en effet survécu des
guerres, des révoltes, des famines, des immersions dans d’autres sociétés
tellement loin dans l’espace et dans le temps ; il aurait peut-être connu
des temps de prospérité durant certaines périodes historiques de la Chine que
seul la mémoire latente, les rêves de jour, les ruines enfouies et les vestiges
cachés en sont désormais témoins de ce passé des cinq dernières mille ans. Ce
n’est pas la « Nuit des Temps », mais presque. Une telle
ethnie a besoin d’être étudiée au détail pour saisir les mécanismes de la
survie et de la reproduction des cultures, les capacités d’adaptation des
hommes et des femmes. A la lecture de ce texte, je ne regrette plus ma vie
d’étudiante misérable et mes exils sans fin loin de la France pour acquérir plus
d’expérience en tant que femme hmong ethnologue; il m’a permis de retrouver les
pierres jetées sur un chemin trop souvent négligé à cause de la nécessité de
chercher à manger. Je sais pour toujours que je fais partie d’un projet plus
grand, celui de retrouver une pièce manquante d’histoire ancienne de mon
groupe. Connaître le passé est essentiel pour se connaître et s’accepter, et
pour vivre dans la paix et dans la connaissance. Je me demande si être un(e)
Hmong n’est pas une chance infinie de pouvoir d’adaptation et d’habilité à
jouer sur plusieurs identités dans ce monde moderne.
Pour vous, lecteur et lectrice, en lisant
attentivement cet article, je suis sûre que ce texte vous fera prendre
conscience de qui vous êtes, de quoi vous deviez faire pour vous et vos
descendants pour préserver une part de l’histoire de l’Humanité. Ce texte
réveillera votre conscience, et pas n’importe laquelle, … elle secouera votre
conscience historique, celle qui préserve les peuples des dangers, des abus,
des insultes, des violences ethniques, des massacres et des guerres.
Un grand merci à Zhang Xiao d’avoir passé quelques jours à ma maison de Fresno en Californie où nos intéressantes discussions m’ont transporté dans un univers de femmes intellectuelles exilées loin de chez elles, l’une de France et l’autre de Chine, mais ayant en héritage commun, le partage des fragments d’histoire et de culture communes, et puis la même compréhension de la nécessité de générer des chances pour les jeunes chercheurs d’aller plus loin, de creuser plus profond dans la terre chinoise pour trouver, non pas une pièce, mais bien tout un monde disparu et peut-être même, des trésors inespérés. Un grand merci aussi à Zhang Xiao pour m’avoir permis de publier cet article en anglais et en chinois (dans la version originale de l’auteur) dans mon sîte d’Internet www. hmongcontemporaryissues.com/KaolyYangHome.html et de m’avoir laissé le traduire en français pour que les Hmong de France puissent le lire dans leur langue d’adoption.
vvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvv
Le fondement
et les caractéristiques communes de l’identité Miao/Hmong
Texte traduit de
l’Anglais par Kao-Ly Yang, docteure en ethnologie
(Ce texte a été
présenté à la conférence organisée par l’université d’Etat de Californie de
Fresno en 1996)
(x) : la
traductrice a ajouté (x) pour améliorer la compréhension du texte
?: incertitude de l’adéquation de la traduction du mot. Il y a besoin de discuter plus avec l’auteur.
J’appartiens au groupe miao (connu comme hmong
aussi), vivant en Chine, dans le Sud-Est de Guizhou. Parmi les trois groupes de
dialectes miao, je parle le dialecte du Centre. Au printemps de 1989, j’ai fait
ma première rencontre avec un Hmong américain qui parle le dialecte de la
région de l’Ouest (hmong). En ce temps-là, je ne connaissais pas ce dialecte
(Je l’apprendrai plus tard en 1992), je ne pouvais pas communiquer avec lui. A
l’aide d’un traducteur, il me demanda : « Comme nous ne pouvons pas
nous parler, pourquoi donc dire que nous sommes de la même race
(ethnie) ? » Il me posa aussi une question sur le
constitution de l’identité des Miao. Je pense que mon sujet d’aujourd’hui
est de répondre à cette question en m’appuyant sur des situations que je
connais et sur mes recherches. En même temps, je voudrai discuter avec les
participants (de cette conférence) sur les caractéristiques culturelles qui
apparaissent tout le long du développement de l’identification de l’identité
(miao).
I. La principale base
de reconnaissance d’identité (commune) de tous les Miao/Hmong
Tous les Miao dont je parle d’ici sont les Miao qui vivent dans le monde
entier. Mais le fait de questionner et de douter de l’identité miao n’existe
pas ni chez les Miao en dehors de la Chine (ou référés comme les Miao/Hmong
d’Outre-mer), ni entre les Miaos de la province de Yunnan et les Miao/Hmong
d’Outre-mer. Il existe seulement entre les Miao/Hmong d’Outre-mer et les Miao
dans les autres provinces de la Chine (pas de Yunnan). Comme nous le savons tous, les Miao/Hmong
d’Outre-mer sont surtout des migrants de la province de Yunnan qui étaient
partis en Asie du Sud-Est ; les plus récentes migrations dataient de quelques
centaines d’années. Une fraction de ce groupe, dans ces dernières dizaines
d’années, a immigré de l’Asie du Sud-Est
vers l’Europe et l’Amérique. En comparant les Miao/Hmong d’Outre-mer et les
Miao chinois de Yunnan, les origines et les systèmes de parenté sont très
évidents ; les parlers sont complètement compréhensibles. En conséquence,
la question qui a besoin d’être répondue est : « Pourquoi doit-on
classifier les Miao/Hmong d’Outre-mer et les Miao de Guizhou, de Hunan et
d’autres provinces en Chine comme étant le même peuple ? » C’est comme une
formule : comme A=B ; pour
avoir A=C, il est demandé de connaître B=C. Les Miao de Yunnan constituent un
pont pour expliquer les identités partagées des Miaos. Nous devons expliquer
pourquoi les gens vivant dans différentes régions de la Chine appartiennent au
même groupe ethnique.
Après l’établissement de la
République Démocratique Populaire de Chine, dans le début des années 1950, le
gouvernement chinois rassemblait plusieurs spécialistes pour définir la
classification de toutes les populations ou les minorités nationales. C’était
vraiment à ce moment-là que les Miao éparpillés à travers la Chine étaient
reconnus comme un seul groupe, et avaient été appelés « Miao ».
Selon le recensement de 1990 en Chine, il y avaient
7.398.035 Miao, principalement distribués au Guizhou avec 3.686.900, au Hunan
avec 1.555.073, au Yunnan avec 896.712, au Sichoua
avec 535.923, au Guanxing avec 425.137, au Hubei avec
200.702 et au Nanhai avec 52.044.
La langue miao a trois
majeurs dialectes : le dialecte de l’Est, celui du Centre et celui de
l’Ouest (parlé par les Hmong de France ou des Etats-Unis). Dans la province de
Hunan, les Miao parlent le dialecte de l’Est. Dans le Sud-Est de la province de
Guizhou, ils utilisent le dialecte du Centre. Le dialecte de l’Ouest est en
usage dans le centre de la province de Guizhou,
dans les provinces de Yunnan, de Sichoua. Les
Miao/Hmong d’Outre-mer parlent une variété de dialecte de l’Ouest. La majorité
des Miao parle le dialecte de l’Ouest. Le dialecte du Centre est en seconde position
alors que le dialecte de l’Est a le moins de locuteurs. Les trois aires
dialectales peuvent être représentées comme les trois principales fractions du
groupe miao. En effet, à l’intérieur de ces trois fractions, les locuteurs ne
peuvent pas se parler de façon directe ; il y a aussi des différences dans
les us et coutumes. Elles vivent dans de différentes régions, et connaissent
différentes situations économiques. Cependant, pourquoi se considèrent-elles
comme de la même race (ethnie) ? Et pourquoi sont-elles appelées par les
autres peuples comme étant la même race (ethnie) ? Le
reconnaissance des Miao comme étant une même race (ethnie) doit avoir une très
solide bas ou fondation comme on va le discuter par la suite.
1.
Histoire
L’origine des Miao est toujours un problème non
résolu. Pour les cinq milles ans passés, les périodes sont passablement
claires, en partie dû aux Annales chinoises de l’histoire, et aussi aux riches
légendes qui se réfèrent à l’histoire des Miao.
Ces documents décrivaient comment les ancêtres des Miao résidaient près
du Fleuve Jaune, dans sa partie basse et moyenne, et cela il y avait quatre ou
cinq milles années. Ci You était le premier Miao, chef de la tribu « Jiu
Li ». Plus tard, comme résultat de guerres tribales, les Miao étaient
forcés d’immigrer durant les cinq milles années suivantes, du Nord au Sud, de
l’Est à l’Ouest, pour constituer la présente distribution des Miao en Chine
d’aujourd’hui. Dans les livres d’histoire, les noms de « San Miao »,
« Jin Chu », « Jin man », « Nan Man», « Wulinman », etc … étaient
tous des noms utilisés pour appeler le peuple miao à différents moments de
l’histoire. Les ancêtres des Miao continuaient à se fractionner en petits
groups, et à se disperser après les guerres. Selon les Annales de Yi Xi Jian, il est dit que dans le plus grand village miao de Qlandongnan (province de Guizhou), Ci You avait trois
fils ; le plus âgé était Pang Ci, le second Fu
Ci et le troisième Li Ci. Après que Ci
You ait perdu la guerre, le troisième fils avec quelques personnes s’était
enfui vers le Nord. Le second fils et ses gens étaient capturés. Seul le fils
aîné conduisait ses gens vers le Sud. Si cela était vrai, le troisième fils Li
Ci et ses gens se seraient plus tard fondus avec d’autres races/ethnies. Fu Ci
et ses hommes se seraient mêlés aux Han. Pang Ci et
ses gens qui voyageaient dans le Sud constitueraient plus tard la nationalité
miao. Ces gens qui traversaient le Fleuve Jaune en allant vers le Sud
établissaient ensuite les groupes des « trois Miao ». Pas très
longtemps après, ils avaient eu un conflit avec le groupe des Hua Xia. Sous la
domination des souverains de la dynastie des Xia, ils étaient forcés d’immigrer
et de se fractionner encore en petits nombres. Je pense que la séparation des
trois branches miao avait commencé en ce temps-là. A cause d’une séparation
très hâtive, cela a entraîné certaines différences en terme
de formation de langage et de culture parmi les trois branches. Mais puisque
les principaux groupes avaient vécu ensemble une longue période de l’histoire
et avaient partagé le nom (ethnique) de « miao », ils n’avaient pas
oublié que leurs ancêtres avaient appartenu, une fois dans le temps, à la même
communauté. Partager une même histoire
ancienne est une base importante de l’identité miao. Chaque branche a sa propre
mémoire de cette préhistoire et se souvient très bien d’elle.
Les Miao de dialecte de
l’Ouest sont les descendants d’un groupe de soldats de front impliqués dans la
plupart des combats avec les Han. Ils constituaient la principale force du fils
aîné de Pang Ci. Par conséquent, leur impression de
guerres tribales est particulièrement profonde, et leur culture a
gardé une trace de mémoire envers les guerres de la préhistoire. La
légende de Ci You des Miao de l’Ouest mentionnait que la guerre entre Ci You et
l’homme de dragon jaune et l’homme de dragon rouge dans une vivante
description. Cette légende correspondait aux Annales historiques chinoises de
la bataille de Ci You et de l’empereur jaune Yan dans son combat pour l’occupation
de la partie centrale du Fleuve Jaune. Dans les anciens chants des Miao de
l’Ouest, il y a des descriptions détaillées des violents combats entre les Miao
et les Xia. La musique des Miao du Nord-Ouest Qian parle de l’histoire des Miao
en trois essentielles périodes : la première concerne la période de paix,
la seconde la période de guerre et la troisième la période de déclin. La
musique qui caractérise la période de paix est joyeuse et rapide comme elle
décrit comment les ancêtres des Miao vivaient en paix avant qu’ils soient
dominés par d’autres peuples. La musique de la période de guerre est rapide
mais triste. Elle commence avec une alarme de combat à venir, l’acte de boire
du vin de sang, et finalement la guerre et la mort qui s’ensuit. La période de
déclin emploie la musique de l’instrument musical « pipe de roseau »
(instrument appelé par les Hmong d’Asie du Sud-Est de « kreng » (qeej)) qui annonce les mauvaises
nouvelles des lignes de front et comment le peuple était effroyablement triste.
A la fin, la musique joue les chants de « coqs couronnés (?) »
et de « le ciel est brillant » qui révèle le brillant future du
peuple miao. Jouant comme une musique de flûte, elle commence toujours avec une
chanson de route de steppe pour exprimer la migration perpétuelle du peuple
miao. Les Miao de l’Ouest jusqu’à maintenant ont toujours gardé un gros volume
de légendes et d’histoires sur le peuple miao sous l’ancien chef Ci You.
Les Miao parlant le
dialecte de l’Est ont d’anciens chants. « Cu E Dou Huan »
cite les difficultés du peuple miao, alors que vivant dans la partie Sud de la
région moyenne de la plus basse partie du Fleuve jaune et de la région moyenne
de la plus basse partie du Fleuve Yang Tsé Kiang,
lorsqu’ils combattaient le souverain Xia. Peut-être, ils seraient les
survivants des hommes de Ci You qui préservaient les vestiges de la cité de Ban
Bing, le château et la fontaine de Ci You. Ces vestiges peuvent être maintenant
trouvés dans le village de Ci You, dans la comté de Zu
Lu, dans la province de Hebei. A côté de la fontaine de Ci You, il y a une
sorte d’arbre gigantesque appelé le « Pin de Ci You » que les
habitants du lieu l’ont bravement protégé. Il est encore gardé de nos jours.
Les femmes miao du Sud-Est
de Guizhou aiment à broder les légendes de leur peuple d’antan sur leurs
habits. Les Miao des dialectes de l’Est et de l’Ouest utilisent la broderie et
les crayons de cire pour dessiner et donc sauvegarder les temps anciens, leurs
villages d’origine, les champs, le paysage, et les mouvements de migration du
Fleuve Jaune et du Fleuve Yang Tsé Kiang sur leurs
jupes. Les Miao du Centre ont des informations basées sur le nom de leur
père ; ils peuvent remonter de deux à trois cents générations de leurs
ancêtres, voire même à la tribu du chef Jiu Li. Dans les trois dialectes, ils
s’adressent ou se réfèrent à Ci You comme le « Grand Ancêtre » et le
« Grand Homme ». Cun Nan, dans le
Nord-Ouest de la province de Guizhou, a
le temple (de) Ci You, ce qui permet aux habitants miao locaux d’offrir leur
respect à leur ancien leader. Comme l’érable a un rapport avec Ci You, les Miao
Cenbu de Hunan ont une tradition de culte du
« dieu de l’érable ». Le peuple miao du Sud-Est de Guizhou considère
l’arbre d’érable comme un dieu ou un esprit qui protège le village. Dans le
chant ancien « le chant de l’érable », les érables étaient perçus
comme les ancêtres. Un Hmong américain d’un âge avancé garde encore un secret
qui a quelque chose à faire avec Ci You … .
2.
Culture et Croyance
A cause de la séparation des habitats (des
différents sous-groupes) par les barrières de montagnes tout entières, les
différentes branches miao ont développé des différences, ce qui est
normale. Malgré plusieurs milliers
d’années de séparation avec si peu d’opportunité de se communiquer, certains
aspects culturels peuvent être représentés comme similaires parmi tous les Miao
et ont tendance à les unifier comme un
seul peuple. Un exemple essentiel est l’instrument de musique, la pipe de roseau
(reed pipe) (or kreng (qeej, alphabet latin
romanisé)), qui est utilisé par les Miao, spécialement les dialectes du
Centre et de l’Ouest qui sont les plus remarquables dans l’usage de cet
instrument. La pipe de roseau occupe une très importante part de leur vie.
Nul part
dans toute la Chine, aucun peuple n’a habits d’aussi riches et coloriés que les
Miao. Dans le Guizhou, il y a deux cents
types de costumes miao. Ces variétés de costume se composent essentiellement
des hauts et des jupes plissées. C’est communément réflectif parmi toutes les
branches miao. L’habit possède une noble
et élégante forme, et il représente la spécialité de cette ancienne race
(ethnie). Les Miao sont connus pour leur
batik, leur broderie et l’argenterie à la fois pour la qualité artistique et
tous les savoirs de fabrication qui sont comparables aux meilleurs dans le
monde. Que ce soit en Chine ou au-delà des Mers, les expositions de costumes
miao sont hautement appréciées par les visiteurs. Les femmes miao dans le monde
entier sont d’excellentes productrices de broderie à la main et de peinture de
batik.
Tous les Miao aiment aussi
chanter et sont bons en utilisant les chants pour illustrer des histoires. Ils
se servent de chants pour exprimer les sentiments ; alors le(la) chanteur(se) peut être apprécié(e) par l’autre sexe.
Ceux qui ne peuvent pas chanter ont du
mal à trouver un(e) ami(e).
En tout, les Miao ont
plusieurs coutumes culturelles analogues, mais à cause du temps limité d’ici
(conférence), elles ne peuvent pas être nommées. Toutefois, je veux surtout introduire
quelques traits culturels ici qui sont pertinents et particuliers. Le premier
est le sacrifice de vache pour vénérer les ancêtres, et l’autre aspect, les
anciens chants. Les chants miao constituent une littérature vivante, mais leurs
valeurs vont davantage au-delà de la nature limitée de la littérature. Ils sont
une encyclopédie de la préhistoire et de la culture du peuple miao. Tous ces
anciens chants commencent par le début (de la création) de la terre, ils
parlent du comment la terre était formée, du comment les choses se
développaient, du comment les êtres humains étaient nés et les migrations des
Miao. Les Miao du monde entier conservent les chants comme ceux-ci, et ils sont
semblables. Les chants anciens des Miao de dialecte de l’Ouest, « Ye
Zhang Du Feng Tian Di », « Kai Tian Pi Di Ge »,
et les chants des Miao de dialecte du Centre « Da Zhu Cen Tian », « Zhu Ri Zao
Yue » sont presque identiques. Ils mentionnent tous la fonte du métal,
la construction des piliers en or, en argent, en bronze et en fer pour soutenir
le ciel et l’usage de métal pour fabriquer le soleil et la lune. Le chant des Miao de dialecte de l’Est
« Kai Tian Li Di », le chant des Miao de dialecte du Centre
« Yang Ya She Ri » et le chant des
Miao de dialecte de l’Ouest « Yang Ya She
Ri » parlent tous du ciel qui a douze soleils et douze lunes. Quand
(ces astres) étaient tous sortis en même temps, ils brûlaient la terre ;
donc le héros a dû abattre les soleils et les lunes en surplus. Les chants des Miao de l’Ouest « Gun Zhi Ye Lao Wong Dong Qian », « Ah Miao Cian Dao Cui Yang Dil Fang », « Shi Er Zhi Di Jia Qian
Dao Pu Nue », celui des Miao du Centre « Bue He Xi Qian »
et celui des Miao de l’Est « Bu Zu Ban Qian » etc, décrivent tous les migrations des différentes
branches. Ces anciens chants sont les trésors culturels que les générations
d’avant passaient aux générations succédant. Ils reflètent l’histoire et les
légendes folkloriques d’une société primitive miao jusqu’au
onzième année de la dynastie Qing de l’Empereur Yong Zhang.
Le rituel appelé « Gu
She Ji » (Quel dialecte ?) consistait
en cérémonie dans laquelle les vaches étaient sacrifiées aux ancêtres. Les
cérémonies étaient tenues par différentes unités au sein du clan. Il
apparaissait comme si cette activité était de rendre culte aux tambours. En
fait, c’était le culte des ancêtres parce que les ancêtres étaient les esprits
se reposant dans les tambours. Ces tambours étaient abrités et gardés dans les
caves de montagne. Ces cérémonies avaient lieu tous les treize ans mais elles
duraient quatre années à la suite. Les activités de la première année
comprenaient la réception des génies du dragon de la terre, le choix de
l’ensemble des maîtres de tambour, l’achat de la vache pour le sacrifice, la
réception de la grande ? descendance du tambour, le
réveil de l’ancêtre du tambour, et l’abattage de l’arbre de tambour. Les
activités de la deuxième année consistaient à recevoir l’ancêtre du tambour et
à commencer l’acte de sacrifice de la vache. La troisième année impliquait rendre
culte aux tambours pendant la sacrifice de la vache.
La quatrième année avait des sacrifices de porc, conduisant l’ancêtre de
tambour à visiter des uns des autres, et finalement le renvoi de l’ancêtre dans la montagne de tambour. Pendant cette période,
il y avait plusieurs activités et cérémonies qui peuvent être considérées, mais
j’ai seulement choisi d’introduire quelques-unes unes ici.
A. Réciter l’histoire : la personne la plus
âgée récitait le passé historique, tout en commençant par les lieux d’origine
des ancêtres dans l’Est, puis expliquait les raisons pour lesquelles ils
s étaient immigrés vers l’Ouest, et énumérait les différentes branches de
clan desquels était né un tel d’un tel.
B. Choisir un ensemble de maîtres de
tambour : il y avait besoin de neuf personnes formant l’ensemble de
maîtres de tambour. De plus, chaque maître de tambour numéroté représentait
quelque chose. Le premier représentait les premiers ancêtres du peuple, le
second, le leader du clan, le troisième les descendants mais celui-ci était
aussi en charge de lire les textes de culte des ancêtres. Le quatrième maître
de tambour représentait le roi qui protégeait tous les gens. Le cinquième était
en charge de la musique de pipe de roseau. (Le sixième et le septième ?
manquaient ici). Le huitième s’occupait des affaires pendant que le neuvième
maître de tambour était responsable des bols du clan.
C. Shang Den : les épouses des cinq premiers
maîtres de tambour portaient des costumes complètement formels et enjambaient
le long tabouret qui symbolisait le lit ; le représentant du maître des
autres clans se tenait à côté du long tabouret, tenant une gourde avec du vin à
l’intérieur --la gourde symbolisant l’organe mâle de reproduction. Il faisait
des mouvements en avant en arrosant continuellement les jupes -- symbolisant le
sexe féminin ? -- des femmes des
maîtres de tambour.
D. Le soulèvement du bol : le neuvième maître
de tambour du précédent « Gu She Ji »
utilisait sa main droite avec la paume vers le haut pour tenir le bol très
haut, ce qui représentait l’unité et l’harmonie du clan et de leurs ancêtres.
Le deuxième jusqu’au cinquième maîtres de tambour utilisait leur main droite
avec la paume vers le bas en signe de support du bol soulevé. Les mains
sales ? des maîtres de tambour se touchant les
uns les autres, l’actuel premier maître plaça ensuite sa main droite en signe
de support aux autres maîtres de tambour pour tenir le bol. Chacun restait
silencieux et grave, le prêtre chantait alors des chants faisant éloge des clans. De cet exemple de la
cérémonie du tambour, on peut comprendre l’intensité et la richesse de la
culture du peuple miao. Ce culte d’ancêtres était un culte de
reproduction/fertilité. Il exprimait la soif de vie des êtres humains. L’auto
éducation de la race (ethnie) avait besoin d’être faite à travers quelques
grandes activités, ce qui permettait en même temps aux gens de comprendre d’où
venait le pouvoir interne de rassemblement du peuple miao. Pour tenir de telles
cérémonies, cela requérait diverses conditions telles qu’une assez nombreuse
population, une prospérité économique et une sécurité du milieu de vie. Y
a-t-il une activité semblable dans d’autres régions ? J’ai fait une
enquête et j’ai trouvé plusieurs régions qui avaient des activités de sacrifice
de vache pour le culte des ancêtres. Toutefois, elles étaient différentes en
degré : les Miao de dialecte de l’Est ont « Zui Nio », les Cuizhou
du Nord-Ouest ont « Dan Lao Nio »,
et les Miao du Yunnan ont « Cu Lin ». Dans un dialecte miao de
l’Ouest, il y a aussi une description écrite : « A
partir de maintenant, les hommes élèvent
des animaux / tous les treize ans pour un cycle / sur le comment tuer les
porcs et l’abattage des chèvres / offrant encore le vin ». Je viens à
déduire que dans la société ancienne, tous les Miao auraient dû avoir une
activité de cérémonie semblable, mais à cause de toutes les séparations et les
dures conditions de vie plus tard, il se pourrait qu’ils aient perdu l’habilité
à continuer cette activité. Les cérémonies de tambour sont toujours pratiquées,
mais de façon plus simplifiée dans la région du Sud-Est de Guizhou. Toutefois,
comme la vieille génération est décédée, plus personne ne sait comment conduire
ces cérémonies qui constituent une part de l’héritage historique du peuple
miao. Elles ont besoin d’être préservées dès que possible. Nous avons besoin
d’enquêter, d’organiser des notes, de prendre des photos, et
d’enregistrer tout cela . Cependant, c’est
une piété de savoir que cela n’a suffisamment attiré l’attention des gens. Je
n’ai pas été capable de faire plus. En outre, il y a des cérémonies telles
« Ji Long » (culture du dragon) et « Xiao Zai » (nettoyage du village) qui
étaient des activités communes aux différents groupes miao.
A travers les croyances,
cela va sans dire que les Miao de toutes parts croient aux esprits, aux
fantômes et au culte des ancêtres. Il y a des shamans miao partout. J’ai
personnellement vu des performances de shamans dans le Yunnan, et des
diapositives de shamans d’Outre-Mer. En les comparant, il semble que le
chamanisme de Guizhou et celui d’Outre-Mer sont à peu près les mêmes. La
conception et la pratique des croyances religieuses miao sont similaires.
3.
Mentalité et langue
Il y a ici plusieurs similitudes dans la
mentalité hmong tels que travailler dur pendant les périodes d’épreuve,
l’honnêteté, l’hospitalité, et l’amour de la paix, etc
… . Si on devait choisir un
mot pour décrire les Miao, alors ce mot serait honnête (honest).
Où qu’ils soient, ils apparaissaient plus honnêtes que les autres groupes
autour d’eux. C’était cette caractéristique qui leur permettait de survivre en
temps difficile. Mais c’était aussi la cause de souffrance qu’ils enduraient.
Quand on examine l’histoire des Miao pendant les différentes guerres, on voit
qu’ils perdaient la guerre de nombreuses fois, et cela non pas seulement à
cause de la situation de guerre, mais souvent parce qu’ils faisaient confiance
aux autres qui leur mentaient et les trompaient. Les ancêtres des Miao étaient
de braves et fiers guerriers. Toutefois, ils échouaient à cause du manque de
stratégies militaires. L’honnêteté des Miao leur permettait d’ajuster
facilement aux différents environnements en s’entendant avec les autres
peuples. Cependant, il les empêchait aussi d’avancer plus rapidement vers de
l’avant. Leur honnêteté leur rendait très loyal envers leur propre peuple. Les
Miao sont reconnus comme un des groupes des plus durs à assimiler parce qu’ils
ont une très forte identité d’eux-mêmes. Les gens me racontaient souvent une histoire
comme celle-ci : si une famille miao est mise dans un village des gens Zhuang, après quelques générations, cette famille
continuera à parler miao et à s’habiller comme un(e) Miao. Avant la libération
de la Chine, le Parti National avait essayé de forcer les femmes de minorité de
changer de costumes. Ces efforts étaient fortement boycottés par les femmes
miao de telle sorte que le mouvement en faveur du changement de costume était
interrompu. Il est difficile de décrire la mentalité miao en quelques mots. Pour les gens qui regardent eux-mêmes comme
miao, la mentalité est une des plus puissantes bases pour être reconnu en tant
que Miao.
La langue miao a trois
majeurs dialectes, sept sous-dialectes et dix-huit variétés (dialectales). Dans
mon village natal qui est séparé d’un autre village par deux chemins de terre,
les parlers des deux villages montrent déjà des changements. Ces changements et
la diversité expliquent la raison pour laquelle il y a difficulté de
communication parmi les différents sous-groupes ethniques, difficulté causée
par de longues périodes de séparation. En dépit des grandes différences de
langage, les trois dialectes miao ont toujours environ quinze pourcent (15%) de
commun. Au printemps de 1992, je suis allée dans un village miao au Yunnan, j’y
suis restée quarante jours. J’étais capable d’apprendre les bases du dialecte
des Miao de l’Ouest. Durant cet apprentissage, j’ai profondément compris que si
je n’étais pas une Miao ou que si la langue miao n’était pas ma langue
maternelle, je n’aurais pas été capable de comprendre ou de parler le dialecte
de l’Ouest. Aussi, j’ai découvert par accident que beaucoup de mots utilisés
dans différentes variétés dialectales sont en fait les mêmes. Mais seuls, les
sons ont légèrement changé de telle sorte que les gens ne sont pas capable de
les comprendre. Et ces mots analogues sont souvent les mots de base. Cela fait
que les gens en déduisent que les différents dialectes miao contemporains
pourraient être le même d’autrefois. Dans le dialecte de l’ouest, il y a un
chant appelé « L’origine de s’adresser aux parents » qui
raconte qu’il y a très longtemps de cela les hommes et les femmes avaient
différent travail ; les femmes restaient à la maison pour prendre soin des
personnes âgées et des enfants pendant que les hommes allaient chasser et ramasser de la
nourriture. Si les hommes quittaient la maison pour longtemps, les femmes
pleuraient très fortement ; par la suite, elles étaient appelées
« pleurer. » Comme l’homme pourrait aussi souffrir de blessure et
mourir, ou il pourrait être séduit par d’autres femmes, celles-ci essayaient de
cacher leur époux de telle sorte que les hommes avaient été appelés
« cacher. » Dans le Nord-est de la province de Yunnan, les Miao du
dialecte de l’Ouest ont subi un changement de ton dans le mot
« pleurer » ; le ton de (nied)3 devient « mère » (nief)4
et celui de « cacher » (valk)5 devient « père » (vaib)6. Dans mon
village, les prononciations de « pleurer » et de « cacher »
ont les mêmes tons que ceux trouvés dans ce poème. Dans certains villages jusqu’à nos jours, les
gens continuent de s’adresser à leur mère avec un son semblable à
« pleurer ». Les personnes âgées disaient qu’autrefois, les manières
de s’adresser au père étaient en effet, proche au son de « cacher ». La « vieille chanson miao de
l’Ouest » était chantée dans la langage des Miao
d’antan ; le traducteur utilisait beaucoup d’énergie pour enregistrer ces
vielles chansons. Dans mon village natal, les vieilles chansons miao
employaient plusieurs mots anciens de telle sorte qu’ils étaient différents de
la langue parlée de maintenant. La langue ancienne est complètement différente
de la langue moderne. Néanmoins, cette langue ancienne pourrait être la langue
commune qui réunissait nos ancêtres.
A travers la compréhension
de l’histoire et de la culture miao, je pense que parmi les distincts
sous-groupes, les différences étaient superficielles en terme
de culture ; en effet la similitude est reflétée dans le cœur et le noyau
de la culture miao. La différence culturelle était plus tard ajoutée. Le point
de départ du peuple miao remonte à l’ère de Ci You quand commençait la société
agricole. Il formait la plus forte tribu en ce temps-là. Plusieurs aspects de
leur culture étaient façonnés durant cette période. Jusqu’à la migration, la culture se
développait puis se ralentissait, voire même arrêtait. Par conséquent, beaucoup de la culture miao peut être
attribuée à l’ancienne culture. Cette culture ancienne est devenue le fondement
de l’identification des Miao comme un peuple indépendant et séparé. Voici les
raisons pourquoi les Miao pensent d’eux-mêmes comme un seul peuple.
Ici, j’ai besoin de parler
du pourquoi la fraction en Chine est appelée « miao », et du pourquoi
les Miao chinois acceptent cet (ethnonyme) ; en
effet, j’ai rencontré trop de Miao/Hmong d’Outre-mer qui m’ont posé cette
question. Certains même ont utilisé un ton piquant dans leur question.
« Pourquoi appeler les Hmong, « Miao ? Est-ce que Miao signifie Miaozi ?
Peut-il être changé en « hmong » ? » Selon l’histoire des Miao, ceux-ci se
référaient à eux-mêmes avec un nom qui sonnait proche de « miao ».
« Miao » pourrait être une expression de référence qui correspond(rait) au mot chinois « miao ». Le nom de « miao » a une longue
histoire que chacun connaît, et était généralement accepté par le peuple miao
d’antan. Le peuple miao était nommé « Miao Zi. » Dans la
« vieille chanson de l’Ouest », les Miao appelaient eux-mêmes
« A hmaud » 7 dans l’ancien temps. Selon les linguistes, l’ancien
terme « miao » et « a hmaud » ont la même prononciation.
Maintenant les Miao appellent eux-mêmes « Hmong » et aussi utilise « miao » depuis que
les deux (termes) sont les transformations de ton de « A hmaud » . En fait, « miao » était la manière que les
Miao se référaient à eux-mêmes en utilisant les sons des caractères chinois
dans l’ancien temps. C’était utilisé dans l’ère de « San Miao ».
« Miao » en
caractère chinois combine les radicaux « pousse (grass) »
avec « champ de riz (riz field) »
qui signifie l’ensemencement des cultures/récoltes de céréales. Certains ont
dit que cela indique que les Miao étaient des agriculteurs. Quel que soit
l’usage de « miao » comme nom de tribu, cela ne signifie pas un rabaissement de la dignité
d’une personne. Certaines personnes ont utilisé « miao zi » pour
réprimander les gens, faisant du mot « miao » un surnom de stupidité
et d’ignorance. Toutefois, cela avait été ajouté bien tard. Au temps de la
société ancienne, quand Ci You était le leader de la tribu ancestrale
« Jiu Li » qui était la plus forte. Même vaincue, il y avait une
chance qu’elle se serait relevée et devenue plus résistante. C’est pourquoi
dans l’Histoire de la Chine, les souverains des dynasties féodales avaient
toujours classifié les Miao de barbares et avaient essayé de les supprimer et
de les conquérir. L’expression de « Miao Zi » venait du stéréotype et
de l’insulte. En 1942, après l’établissement de la nouvelle Chine, le
gouvernement chinois promouvait la politique d’égalité parmi toutes les races/groupes
ethniques. Le statut du peuple miao était alors relevé. Le terme
« miao » comme un terme péjoratif a disparu avec la fin de la
persécution du peuple miao. Les nouvelles lois permettent l’usage de
« miao » comme terme de référence/adresse de telle sorte qu’il retrouve
sa raison et son intention originelles. Maintenant, il y a toujours des gens
qui utilisent le terme « miao zi » pour rabaisser autrui, mais cela
n’a rien à voir avec l’identité du peuple miao. « Miao zi » dans la
Chine d’aujourd’hui n’a rien à faire avec l’avilissement et l’insulte des Miao.
Les Miao d’Outre-mer avaient immigré dans d’autres pays durant la dynastie Ming
Qing, tout spécialement pendant « la guerre blanche rouge ».
Dans la guerre de rébellion contre les Qing, les souverains féodaux supprimaient
et massacraient un nombre immense de Miao du Yunnan qui étaient forcés de
sortir de la Chine. Pendant ce temps-là, les Miao étaient particulièrement
humiliés ; c’est ainsi qu’ils utilisaient l’expression « miao
zi » pour insulter les Miao. Ceci continue à habiter la mémoire bien vive
(des Miao d’Outre-mer) et a généré le sentiment d’aversion envers le mot
« miao ». Il est impensable mais je voudrai saisir cette occasion
pour vous confirmer, à toutes les communautés miao d’Outre-Mer, que la période
d’humiliation est longtemps partie. S’il vous plaît, faites confiance aux
termes « Miao zu ».
II. Le fondement de
toutes les caractéristiques (miao)
L’histoire miao est remplie de plusieurs
désastres et de difficultés. La situation actuelle est loin d’être
économiquement prospère. Par conséquent, nous avons besoin de nous reconnaître
les uns des autres de sorte que nous pouvions dépendre des uns des autres
spirituellement et de nous entre-aider. Cependant, comme les Miao ont été
séparés par tous les pays pour des années, ils doivent fonder leur point commun
sur l’ « origine tribale ». Les Miao/Hmong d’Outre-mer
reconnaissent les Miao de Yunnan comme étant de proches relatives et partagent
le statut de « groupe ethnique/race de même appartenance géographique ».
Ils distinguent les Miao de Guizhou et de Hunan comme un peuple descendant des
mêmes ancêtres, donc partagent « des origines de même race
(ethnie) ». Un Miao de la famille Wu au Yunnan m’a dit que tous les
membres du clan Wu connaissent l’histoire de la famille Wu. Ils connaissent que
l’un de leurs premiers ancêtres avait deux épouses, ce qui donnait naissance à
deux branches : une de la première épouse et une de la seconde. Wu San Gui
était un ancêtre ultérieur. Il s’était marié à une femme du clan Luo. Quand elle amenait ses enfants avec elle dans sa
famille Luo, tous savaient que les membres de la
famille Wu ne pouvaient pas se marier avec les membres de la famille Luo. De même pour la famille Yang, (les membres) ne mangent
pas le cœur du porc. Ils savent les raisons et le fondement de ces coutumes.
Chaque génération de la famille Li a dû réciter les noms de leurs ancêtres,
tracer la route de migration voyagée par leurs ancêtres, et suivre les règles
et les lignes de conduite dans le culte de leurs ancêtres. Après la libération de la Chine, la famille
Li d’Outre-mer était capable de remonter (leurs traces) en Chine en suivant les
textes écrits de ces routes et de leur arbre généalogique.
Pour les Miao en Chine, ils
vivent ensemble en clan quelques fois dans un village. Ou plusieurs villages
peuvent être du même clan. Il y a aussi une immigration de retour des autres
régions quand la situation économique du village s’est améliorée et le niveau
de vie va mieux. De nombreux Miao trouvent de nouveaux intérêts dans la
recherche des racines de leur famille. Beaucoup de tribus réparent l’histoire
tribale : en 1994, dans notre village, mon père a organisé et a tenu une
rencontre des familles Zhang ; des représentatives des autres régions
venaient toutes se joindre à nous pour compiler un arbre généalogique et
l’histoire des différentes branches en livres.
Par le rapprochement des
liens de sang, le clan de famille devrait n’avoir aucun problème dans ce
travail d’identification. Mais il sera difficile pour ceux qui ne sont pas
assez proches. Parmi les Miao d’Outre-Mer et les Miao de Guizhou et de Hunan,
ce qui représente les différentes branches des Miao, ils définiront ou baseront
leur rapprochement on terme de race/ethnie. Les Miao/Hmong d’Outre-mer croient fermement
que leurs origines viennent de la Chine. Quand ils ont eu la chance de visiter
la Chine, ils ont montré un désir avide, voulant connaître plus sur leur propre
passé. Ils ont aussi montré une dévotion profonde à leur peuple. En 1994, quand
la province de Hunan a sponsorisé une conférence internationale miao, un Hmong
américain de troisième âge, a demandé de parler à quelqu’un qui connaissait
l’histoire des Miao remontant à plus de cinq mille ans. Un jeune homme
américain m’a demandé de l’aider à trouver un livre sur l’« histoire miao
simplifiée ». Au mois de juin 1995, nous avons formé un groupe pour
enquêter l’origine de résidence et les champs de bataille du peuple miao, nous
avons invité un Hmong américain et un Miao chinois. Quand ils atteignaient la
tombe de Ci You, ils se sont mis à genoux pendant un moment. Un Hmong français,
une fois arrivé à Guizhou, m’a demandé de l’amener présenter ses respects à ses
ancêtres. Je l’ai donc conduit dans un village miao ; il s’est ensuite
agenouillé et a offert de l’encens, puis à la fin, il prenait une poignée de
terre salie pour l’emmener avec lui en France.
Les Miao chinois ont aussi
montré la même loyauté et le même esprit envers ceux qui désirent rechercher
leurs racines. Où qu’ils vivent, quand les personnes âgées meurent, les gens
récitent le (chant) « Montrer le chemin » (tawv kev en hmong d’Asie du
Sud-est) ou le chant « Brûler le foulard » (hlawv phuam ?)
à l’âme du mort pour l’initier au voyage de retour dans le pays de ses
ancêtres. Les Miao du Yunnan, étaient ceux qui avaient immigré le plus loin
alors quand ils enterrent le corps d’une personne âgée, la tête est pointée en
direction du village natal située à l’Est. Les vieux chants qui existent parmi
toutes les branches sont tous des conservations historiques du passé du peuple
miao. Dans mon village natal, une fois, lors de la cérémonie du culte de
sacrifice de la vache, pendant la description des épreuves des ancêtres, les
gens se lamentaient continuellement à haute voix, même la vache versait des
larmes. Il y a des Miao chinois intellectuels qui sont entrain de travailler
dur à la recherche de l’histoire des Miao. Leurs préoccupations majeures sont
maintenant d’introduire l’histoire (des Miao) comme une part de l’éducation. A
cause des préjugés historiques qui considèrent les vainqueurs comme les
souverains et les vaincus comme les bandits, l’image de l’ancêtre des Miao, Ci
You, était défigurée dans l’histoire (de la Chine).
Les Miao, tout spécialement
ceux d’Outre-mer, ont la même pensée quant au fondement de l’identité
(ethnique) : aussi longtemps que nos racines sont appréhendées comme les
mêmes, alors nous appartenons à la même race (ethnie). Toutefois, l’origine de
la race (ethnie) a toujours besoin d’avoir davantage de recherche et de découverte ;
nous avons besoin de connaître plus sur notre histoire ancienne. Il y a une
récente excavation qui peut fournir quelques indices. Un rapport de la Chine du
Sud-est a déclaré : une trouvaille archéologique a résolu un « puzzle
de milliers d’années » ; elle avait prouvé, à travers enquête, que
l’immersion de l’océan avait poussé Ci You et sa tribu à partir plus au Nord,
ce qui avait créé la plus développée et imminente culture, la culture de Liang Zhu. 1. la culture de Liang
Zhu atteignait le plus haut niveau de culture dans la Chine ancienne. 2. la
culture de Liang Zhu était créée par la tribu de Ci
You. 3. Avant d’immigrer vers le nord, la tribu de Ci You résidait dans le Sud.
L’origine des Miao pourrait être dans la partie Sud-est de la Chine. Concernant
cette recherche, je me porterai une prochaine fois sur ce nouveau site dès moi,
je serai plus apte à le faire.
Note
1, 2 : Fel Xiao Tong, « Questions
sur l’identification tribale », publiée par « China sociology »,
1990, Vol.1
3,4,5,6 :
Dlangong Be (Nord-est du Yunnan)
7 « A Hmaud » est
utilisé par des étrangers pour Miao ; le sous-dialecte miao du Nord-est de
Yunnan épelait « Ad Hmaod »
Transcription faite à Fresno
et achevée le 21 octobre 2003. Pour plus d’information, écrivez-moi à kaoly_y@yahoo.com
(kaoly_y@yahoo.com)
Copyright
© 2003 Zhang Xiao
Tous droits réservés. Toute
reproduction partielle ou totale pour un usage collectif et public doit
expressément obtenir l’autorisation de l’auteur.