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| PROBLEMES ACTUELS Essai: commentaire et analyse du texte philosophique d'Alain "L'Homme est obscur à lui-même" Kao-Ly Yang Chers lycéens et lycéennes, Etant donné le nombre important de visiteurs dès la rentrée scolaire, je pense ce texte vous inspire énormément. Cependant, je voudrais que vous n'utilisiez pas mon texte en le recopiant dans vos devoirs de philo. Ce texte que j'ai écrit lorsque j'avais votre âge doit vous inspirer à réfléchir sur ce sujet fondamental qui oriente bien des comportements et des théories de la nature humaine. Posez votre propre regard sur ce problème et écrivez avec vos propres mots tout en gardant une générosité et une ouverture d'esprit. Merci La nature de l'homme se définit selon deux conceptions. La première conception approche l'homme en tant que "substance pensante": c'est une conception philosophique traditionnelle où des maîtres penseurs comme Descartes et Alain défendent leur vision de l'homme. Pour eux, l'homme est maître de ses sentiments, de ses actions et de ses pensées. La deuxième conception représente l'homme comme un être qui dépend de ses humeurs, des circonstances tangentes à sa vie quotidienne, de ses désirs cachés, ignorés de lui-même ou à jamais révélés: il est fait à la fois d?un corps désirant et d'un esprit incertain. L'homme n'est pas toujours maître de ses sentiments, de ses actions ou de ses pensées. Cette seconde conception résulte des travaux de psychanalyse de Freud et de ses successeurs au début du 20ième siècle. Dans le texte d'Alain "L'homme est obscur à lui-même" que je vais analyser, celui-ci critique la conception freudienne. Alain repousse la soi-disant existence d'une inconscience qui influencerait et excuserait les "mauvaises actions" de l'homme. Peut-on dire qu'Alain méconnaît les zones d'ombre de la nature humaine où, selon du Freud, il y aurait trois niveaux de fonctionnement psychique: le "moi" ou la conscience éclairée, le "surmoi" ou la conscience sanctionnant et le "ça"ou l'inconscience archaïque. Pour Alain en effet, les actions ou les motivations des hommes proviendraient d'un simple mécanisme physiologique. Mais peut-on réduire le corps à cette perception physiologique seulement? Ne devrait-on pas considérer le corps comme un lieu de dialogue constant entre ses désirs inavoués, ses peurs, ses rêves, son projet social et ses capacités intellectuelles à coordonner ses désirs et la réalité, et à les surmonter. Ce texte est divisé en trois parties dont la première phrase "L'homme est obscur à lui-même" cela est à savoir" met en place la thèse d'Alain. Jusqu'à "genre de folie", l'auteur réfute l'approche freudienne de la nature humaine. Le troisième paragraphe concerne les attitudes à adopter pour faire face à la vie. Cette première phrase "L'homme est obscur à lui-même cela est à savoir" illustre l'aspect radical de la philosophie d'Alain. Pour ce dernier, l'homme comporte bien sûr quelques points obscurs dans sa personnalité; sans cette reconnaissance, on ne peut pas en effet expliquer ses "bizarreries". Toutefois, c'est en tant que "substance pensante" que l'homme est défini et conçu pour Alain. Ainsi le premier argument est de montrer qu'il ne peut pas y avoir chez un homme deux "conseillers" à la fois, l'un appartenant à la conscience, et l'autre à l'inconscience. C'est illogique de trouver, en dehors de la "substance pensante", autre chose qui lui serait son égal. Les désirs ou les "préjugés", les "passions", ou les "ruses" appartiennent aux comportements conscients et propres à l'homme. Si l'on accordait une place à l'inconscience en tant que l'autre moi on ne ferait que de se contredire. Le "je" égal à "substance" ne serait plus qu'un "je" impersonnel. Et le corps qui occupe la place de support de l'esprit deviendrait sa rivale: cela créerait une lutte constante avec l'esprit. Or comment admettre cette contradiction et éviter de réduire la perception de l'homme en tant qu'esclave de son propre corps? L'évidence même veut que la réalité concrète s'oppose à l'existence de l'inconscience en tant que rivale de la conscience. Le second argument veut démontrer que la faculté de pensée est le propre de l'homme conscient, donc hors de la portée de ce soi-disant "autre moi" Cette idée rejoint le "je pense donc je suis" de Descartes où ce dernier perçoit l'existence comme une pensée pure. Toute pensée dériverait d'un acte délibéré. Dans cette phrase "Il ne faut point se dire qu'en rêvant on se met à penser", Alain veut définir le champ d'activité de la pensée: la faculté de penser appartiendrait au stade de conscience le plus élaboré, c'est à dire à la délibération où l'homme est maître de ses pensées, de ses choix. Et dans la vie d'un homme, le but idéal doit tendre vers ce stade d'accomplissement. D'autre part, la pensée inclut la notion de responsabilité: lorsque la conscience est à son plus haut degré, l'homme est maître des ses actes. Or peut-on parler de responsabilité avec l'inconscience dont le fonctionnement ressemble à un mécanisme? En effet, l'inconscience se définit chez Alain comme un ensemble de modes de fonctionnement d'organes assimilés aux modèles des machines. Est-ce que le corps peut élaborer un système de relations aussi complexes et vastes que celui de la pensée? Peut-on donner le terme "raison" à un mécanisme de fonctionnement? Evidemment non. Il n'existe pas de doublure de la "substance pensante" chez un être humain. Si on postulait deux "pensées" agissant dans un seul corps, on risque de détruire ainsi ou remettre en question tout le système cartésien qui est le modèle de la pensée classique et occidentale. Ainsi, pour Alain, ceux qui veulent établir la philosophie du corps ont d'autres buts en perspective. Le troisième argument d'Alain se base sur les abus qui se font au nom de cet "autre moi". Accorder une place au corps reviendrait finalement à créer une religion du corps ("idolâtrie du corps") ou à instituer les tabous or "totems" comme normes. Comme l'homme est perçu comme ayant un sens inné de responsabilité, pour éviter d'avoir le sentiment de culpabilité, il chercherait à faire retomber les fautes sur cet "autre moi" qu'il ne contrôle pas. Ce comportement ne ferait que mettre en relief le caractère irresponsable de l'homme. Ce soi-disant prétendu "autre moi" serait inventé pour justifier le libertinage. Par conséquent, les motivations sont purement charnelles. La philosophie freudienne ferait la promotion du corps pour d'autres fins: l'irresponsabilité, l'abus ou pire la perversion. De son propre gré, "on s'amuse à faire le fou", écrit Alain, puisque l'homme est bien conscient de la portée de ses actions. Cette phrase "Un autre moi me conduit qui me connaît et que je connais mal" traduit toute la contradiction et l'absurdité de l'approche freudienne où domineraient en même temps cet autre "moi" et le moi "substance". "L'homme est le maître de sa maison" : quoi qu'il arrive, il devrait savoir les raisons des écartements, et trouve les moyens pour les maîtriser. Descartes disait que "l'âme pense toujours" puisque "nous l'apercevons immédiatement par nous-mêmes" (Descartes, principes 1.9). La troisième partie de ce texte va définir l'attitude normale qu'il faut avoir pour surpasser ces abus ou perversions. Comme le corps n'a pas de vie psychique, pour retrouver la pensée pure, il faut filtrer toutes les particules obscures de cette pensée pour retrouver le bon sens: c'est une "démarche" première et rationnelle. Dans cette partie du texte d'Alain, l'emploi d'expressions entre guillemets accentue le radicalisme, et renforce la conviction de ce philosophe français comme quoi l'homme serait la mesure de toute chose. Il est capable d'autodétermination, il est fait de volonté, il a le sens de liberté et de responsabilité. Combinant ses qualités, il parviendrait petit à petit au plus haut degré de conscience. C'est donc l'inévitable "cogito" ou "je pense donc je suis" de Descartes avec lequel Alain fonde sa propre philosophie: on ne peut pas dissocier l'existence et la pensée, l'action et la pensée. On ne peut pas reconnaître l'existence du corps comme la rivale de la pensée qui fonctionne en toute indépendance. Cette argumentation peint une image de l'homme très optimiste, capable de définir ses pensées, ses désirs": "je veux ce que je pense et rien de plus". Il est maître dans son corps, chez lui et dans le monde parce qu'il est maître de sa pensée. La conclusion de ce texte clarifie le but d'Alain: d'une part, il veut sauvegarder la tradition de la philosophie cartésienne parce qu'elle propose une vision d'une société responsable où l'homme est le maître, et non ses désirs. D'autre part, il veut éviter les abus que l'usage de concept d'inconscience peuvent engendrer, c'est -à- dire l'homme ne peut pas utiliser un concept pour assouvir ses désirs perverses. Le problème philosophique: "La place du corps dans la conception de l'homme". Le texte d'Alain est discutable d'emblée si j'aborde la question de la nature de l'homme du point de vue freudien. En effet, l'interprétation de Freud sur l'inconscience dégage une toute autre dimension du corps dans la définition de l'homme. La question qui occupe ce problème philosophique est: "Doit-on négliger la réalité du corps au profil de l'esprit?" Sans doute, toute l'argumentation devrait se faire en opposition à la première partie de cet essai car il faut préciser que Alain est plus "contemporain" de Descartes que de Freud, bien que tous deux aient vécu dans le même siècle. Tout d'abord, il y a quelques malentendus sur la théorie du psychisme freudien. L' "autre moi", appelé ainsi par Alain n'est pas ce qu'il a défini. Selon Freud, l'inconscience fait parti des trois états de conscience de l'homme; le "ça", le "surmoi" et le "moi". Il y a une relation entre ces trois modes: le "ça" correspond à l'état inconscient de l'homme où il constitue l'organisation somatique qui ne se révèle qu'au travers d'actions corporelles ou de comportements inconscients. Le "surmoi" correspond à l'état de surconscience où toute action est sanctionnée alors que le "moi" constitue l'état conscient immédiat. Ainsi, ces trois couches forment le "je" individuel de l'homme. Par ailleurs, l'inconscience est difficilement perçue par l'homme lui-même. En effet, il devient visible seulement lorsqu'il y a des tensions mentales dans le domaine du "ça". L'inconscience n'est donc pas un "diabolique conseiller" comme Alain l'écrit dans son texte. Les manifestations appartiennent tout simplement à un désordre mental qui se traduit par une perte de contrôle de soi pendant une durée plus ou moins longue. Il y a ainsi une coordination entre corps et pensée, ce qui constitue la nature de l'homme dans son intégrité et dans sa totalité. Le corps est le siège de rencontre entre le désir et la réalisation. Dans beaucoup de cultures, il est difficile de faire une place honorable au corps parce que les normes et les valeurs sont tangentes aux lois, aux principes moraux ou aux peurs irrationnels qui paralysent bien encore nombre de gens quant à ce qu'il faut faire du corps en relation avec la sexualité par exemple. Dans certaines religions, toute rapport sexuel en dehors du mariage par exemple est toujours considéré comme un "péché capitale". Il est interdit formellement aux sujets tabous de prendre corps dans notre société. Toutes ses peurs instituées ont finalement donné naissance à une conception de l'homme loin de sa vérité, de ses faiblesses, de ses ignorances et incapacités intellectuelles, sociales, physique ou psychique. La représentation la plus proche de la nature de l'homme serait certainement celle de Freud, c'est-à-dire un "homme imparfait". L'homme n'est pas parfait parce qu'il perd volontairement ou involontairement son sens de responsabilité. Il faut tenir compte de son état mental et physique pour définir sa bonne santé. Le système cartésien se réserve à un petit nombre d'hommes bien qu'il soit considéré comme idéal. C'est une erreur de considérer le corps comme un pur mécanisme. La conception freudienne de l'homme ouvre une ère nouvelle où il entre dans un monde plus indulgent, et peut-être plus compréhensif envers les êtres faibles, mentalement malades. Il est plus que le "substance pensante": il est le "corps et esprit pensants" où médecin, juge, assistant social, professeur, et. tiennent compte de la réalité du corps, c'est-à-dire de ses besoins physiques, intellectuels et psychiques. Ainsi, l'homme est admis et reconnu légalement, socialement, intellectuellement, psychologiquement comme manquant de volonté ferme, ayant des entraves de toute sorte qui font qu'il puisse se retrouver dans l'erreur, dans la bêtise ou plus grave, sombrer dans la folie. De plus, le fonctionnement de l'homme ne dépend pas seulement de son esprit ou/et de son corps mais aussi son histoire et ses expériences. En effet, la démarche cartésienne (retour à l'origine) n'est pas tout à fait complète dans la mesure où elle ne tient pas compte du passé de chaque homme et de chaque femme. Les êtres humains réagissent et pensent "avec leurs expériences", avec l'organisation somatique (sans que leur conscience le sache). Un être humain a emmagasiné, de manière désordonnée, les faits passés dans son histoire personnelle, "ce qui fait un passé toujours présent" dans ses choix conscients ou inconscients. D'autre part, selon Alain, l'homme semble posséder le pouvoir de connaissance: "je veux ce que je pense". Or, peut-on qualifier de connaissance relative à l'homme fait de chair et d'âme, une chose vue par l'esprit seulement? Le corps peut-être aussi un moyen de connaissance. Il y a actuellement des tendances dans l'art, dans la littérature qui expriment une connaissance du monde au travers du corps comme objet de recherche ou de support de pensée. Le "corps", lieu des désirs physiques et de support de la pensée, offre certainement une force créatrice suffisamment puissante pour changer toute une conception et le monde des idées, ce qui justifie peut-être un argument d'Alain: le fait de trop privilégier le corps peut enfreindre les principes les plus humains et vitaux pour une société. En effet, les hommes peuvent abuser d'une conception généreuse de l'homme : ils peuvent l'utiliser à des fins perverses. Les exemples sont nombreux. Celui des surréalistes le montre bien: certains écrivains sont devenus fous ou se sont suicidés parce que leur exploration de l'inconscience les expose au danger de la mort sociale, psychique ou symbolique où ils détruisent leur santé mentale et physique. Aujourd'hui, l'"idolâtrie du corps" pousse les gens à suivre des régimes amaigrissant alors que ce n'est pas vraiment nécessaire. Plus grave, cette idolâtrie est telle que l'on ne voit plus un être humain, mais un corps équivalent à un objet de plaisir: c'est la prostitution des femmes, des enfants et des hommes. Ces abus entraînent une dégradation des relations humaines et un mauvais usage de la conception freudienne de l'homme. La conception de l'homme fait de corps et d'esprit n'est plus alors, dans ces situations, un sujet d'épanouissement. Mais elle induit des manipulations et une exploitation de l'homme par l'homme. Ces exemples qui se multiplient chaque jour soulignent que cette conception si généreuse est en fait très mal connue et utilisée. Et quelle que soit l'approche, cartésianiste ou freudienne sur la nature de l'homme, il y a nécessité d'en débattre pour éclairer les consciences, d'éduquer les hommes et les femmes pour leur prendre toujours conscience de la responsabilité de leurs actes qu'ils soient en pensée, en émotion ou en action. En conclusion, l'affrontement de deux philosophies domine cet essai. Par le biais de l'une qui reconnaît l'homme en tant que "substance pensante", Alain amène la discussion sur l'autre: l'homme est corps et esprit. Pour Alain, fidèle aux réalités concrètes, il n'est pas question de concevoir un "autre moi", prétendant que cet "autre moi" est celui du corps alors qu'il n'est que mécanisme. Ainsi, par abus du langage et pour des fins perverses, on se sert du corps à d'autres raisons. En effet, avec la connaissance du corps en tant partie de l'homme, on accède à une image plus vraie des êtres humains: on tient compte de ses complexités. Capable ou incapable, responsable ou ignorant, il peut être fou ou génie. L'homme n'est qu'un homme dotant de conscience, un "animal doué de raisons". La notion de personne chez les Hmong 1) Comment les Hmong voient-ils l'importance de l'esprit critique dans le développement de l'enfant? Sans esprit critique et constructif, un enfant n'aura pas les capacités de raisonnement et de jugement pour faire face aux besoins de sa vie personnelle et professionnelle. 2) Le succès de l'éducation dépend en partie de la perception des parents de la nature humaine projetée sur les capacités de leurs enfants. Ainsi, comment les enfants hmong sont-ils perçus par leurs parents? Comment les parents projettent-ils la volonté d'apprendre: cette volonté vient-elle des parents ou de l'enfant? Les parents doivent donner une chance plus grande à leurs enfants en développant la confiance en soi et l'esprit critique. En d'autres termes, les parents ne doivent pas apprendre aux enfants à se moquer "THUAM" des autres et de l'enfant lui/elle-même. De plus, les parents doivent comprendre que la crânerie, la prétention font partie des étapes de développement de l'enfant, et étant étapes de maturité, les parents ne doivent pas mépriser ou réprimer ces attitudes. Au contraire, il faut les canaliser pour développer l'enfant de façon saine en lui inculquant une plus grande confiance en soi, une force intellectuelle pour affronter l'adversité dans les années à venir. 3) Le pardon dans l'erreur: comment les Hmong voient-ils/elles l'erreur? Quels types d'erreur sont-ils pardonnables pour les Hmong? Et quels types impardonnables? Les Hmong intègrent-ils l'erreur comme une part de la nature humaine? Ce sujet est particulièrement contemporain pour la communauté hmong aux Etats-Unis car pour éviter les meurtres dans les couples ou les violences domestiques, les couples doivent apprendre à se pardonner, les parents doivent apprendre à pardonner... pour un mauvais choix de conjoint qui aboutit à un divorce, pardonner à soi-même; en d'autres termes, à s'accepter soi-même et à se respecter. 4) La reconnaissance des désordres mentauxcomme une maladie qu'il faut soigner le plus vite possible. Par la croyance d'existence d'âmes responsables de maladie, les Hmong peuvent appréhender les catégories de maladie mentale; mais jusqu'à maintenant, les Hmong ne dissocient pas vraiment la maladie mentale (dépression, paranoïa, post-trauma) de la maladie physique. Les expressions de maladie physiques peuvent être reliées à des maladies mentales dont le médecin a besoin de traiter la racine de la maladie pour pouvoir guérir les apparences physiques. Ainsi, quand le corps ne va pas bien, peut-être c'est parce que l'esprit souffre. RETOUR Texte écrit le Jeudi 11 Décembre 1986 en classe Terminale C2, Lycée Montaury Nîmes France 1st remise à jour: 8 février 2003 2nd remise à jour: 14 décembre 2005 Copyrights © 2003 Kao-Ly Yang Tous droits réservés |
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