Conte du pYisson µ bleu
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?Kao-Lyà Yang
Un grand merci à Eloïse, Paphoua et Kajouachab
Pour m’avoir aidé à mettre en
page ce conte et à l’illustrer
(lire conte avec dessins, cliquer ici)
Je leur dédie ce conte en
espérant qu’elles y épuiseront inspiration pour bien travailler bien à l’école.
U ne nuit, j’ai rêvé d’un poisson bleu argenté µ, qui a échoué sur une plage où des milliers de
grains de sable doré chauffaient mes pieds nus. L’océan, vague après vague,
venait s’incliner devant la majesté du rivage. C’était la fin de l’étéR. Dans mon rêve, je voyais le
dos d’un homme grand et discret qui regardait le poisson, impassible, au mille
pensées cachées. La queue du poisson µ apparaissait, l’homme qui m’était connu, cachait
l’autre partie du poisson. Le vent appelait les cheveux de cet homme. Le
poisson µ bougeait
sa queue désespérément. Ses yeux étaient ouverts, et semblaient dégager
une grande tristesse d’être hors de mon monde aquatique. On voyait l’intérieur
de son corps. Il était transparent comme un fin tissu de soie ; ses
écailles étaient énormes, chaque bout était peint en bleu d’outremer,
intense ; c’ était un majestueux
poisson, qui me rappelait ceux des fêtes foraines chinoises ; mais ici il
était fragile et vivant. L’homme restait figé devant le poisson, qui
s’éteignait petit à petit. Je voyais maintenant un tableau formé par cet homme
et le poisson. C’était un joli et nostalgique tableau qui restait gravé dans ma
mémoire. J’appelais l’homme pour m’aider à le transporter dans l’eau ; il
semblait être le seul à pouvoir le faire …
. Je n’avais pas pu l’aider à temps parce que je m’étais réveillée.
J’avais gardé une sensation d’éternité et d’irréalisable, de fraîcheur et
d’infini incomparable. C’était si beau. Alors, je m’étais mise à imaginer une
histoire pour la raconter aux enfants.
Voici
l’histoire : '
Shua, le poisson bleu argenté, venait des mers chaudes h, de l’autre bout du monde. Il habitait
dans un royaume des Immortels. Mais il s’ennuyait beaucoup. Alors il décida de
voyager. Parvenu aux rivages de la Chine, il se sentit si bien qu’il y resta
pour fêter le Nouvel An. C’était la fin de l’année, il faisait froid. Ce
matin-là, il y avait un pauvre pêcheur prénommé Li, qui espérait attraper
quelques poissons pour les vendre au marché afin de pouvoir s’offrir un bon dîner
à sa femme et à ses sept enfants. Au premier coup de filet, il captura Shua le
poisson bleu argenté µ dans la merh. Notre pêcheur Li pensa qu’il pourra le
vendre au marché. Alors il mit Shua µ dans son panier et partit au marché.
Lorsqu’il arriva au marché, il y avait un monde habillé de toutes les couleurs, du rouge vif se
mélangeant au rose pourpre, au bleu magique, au vert émeraude et au marron de
la terre. Notre pêcheur s’avança, sourit aux gens. Chemin faisant, il rencontra
de nombreux amis qui admirèrent ce beau poisson bleu argenté µ. Mais personne ne put l’acheter.
Cependant, nombre d’entre eux lui conseillèrent d’aller au palais, là où il
pourra obtenir une belle récompense. Li se dit finalement qu’un tel poisson µ ne pourrait pas se vendre aux villageois :
seul le seigneur du royaume en était digne. Traversant les étalages du marché,
il sentit l’odeur de fruits, de paille, de pains. Quand il vit des beignets au
banane bien chauds, il en avait bien envie. – C’est combien ? demanda Li.
– Pour toi, Li le pêcheur, je te vendrai cinq pour une pièce. – Alors garde moi
z-en une douzaine, répondit Li. Puis, il retourna pour dire encore au vendeur
de beignets : - Je reviendrai les acheter, dès que notre seigneur me
récompensera pour mon beau poisson. Il pressa alors le pas vers le palais.
Le palais Pavait une toiture dorée
s’élevant vers le ciel comme une prière ; les rebords de ses toits étaient
recourbés, retenant l’eau de de pluie. Deux gardes sérieux aux babines
tombantes étaient debout devant l’entrée. – Que veux-tu, pêcheur ? demanda
l’un des deux gardes. –J’apporte un joli poisson µ pour notre seigneur, murmura le pêcheur Li.
–Entre, ordonnèrent les gardes.
Dès qu’il pénètra dans l’enceinte du palais, le temps s’arrêta ; tout
était harmonie, quelques tonnements de bambou frappant la pierre marquaient le silence,
tonnements qui s’évaporèrent et ne semblaient pas avoir existé à l’instant
même. Des arbres et des fleurs de toutes sorte coloraient les nombreux jardins,
qui ressemblaient à des gravures d’un paysage français. Des oiseaux volèrent,
au-desssus des serviteurs affairés. Enfin, le pêcheur Li regarda son poissonµ. Il
monta les escaliers en verre bleu. A chaque pas, résonna un tintement
cristallin qui étonna le pauvre pêcheur. Le roi, assis son trône, l’attendit.
- Seigneur, dit le pêcheur Li, je vous apporte ce poissonµque
j’ai attrapé dans la mer bleueh. Le roi se lèva et il s’approcha du panier où le poisson Shua µs’irisa
comme un diamant. Il ordonna tout de suite à son trésorier de donner une bourse
de pièces d’or au pêcheur.
Le roi appella alors sa fille, la très belle princesse Pa aux yeux de perle NmN, pour le lui faire présent. C’était la coutume du pays : en chaque
nouvelle année, le roi offrit un cadeau à sa fille. Très heureuse de ce
magnifique présent, par un charmant sourire, elle remercie le pêcheur. La
princesse aux yeux de perle NmN était tombée amoureuse du charme paisible
de Shua, le poisson bleu argenté. Elle choisit de le mettre dans un bassin
blanc dans sa chambre à coucher.
Des jours passèrent, les uns plus beaux que les autres, comme des perles.
Shua nageait librement dans son bassin . Aux jours d’hiver, il pensait
cependant très souvent à cette mer bleue toute chaude h, et il devenint très
triste. La princesse Pa NmNremarqua cette tristesse de son poisson bleu argenté µ.
Elle lui ajouta plein de nénuphars et de lotus. Mais rien ne semblait le
rendre heureux comme avant. La princesse aux yeux de perles NmNse dit un jour :
- Ah, si tu pouvais parler, mon beau
poisson, tu me dirais ta peine. Et, là, Shua
µ lui répondit :
- Ma princesse aux yeux de perles NmN, je peux parler mais n’ayez crainte. La princesse, très surpise, lui
sourit et dit :
- C’est merveilleux ! Qu’est-ce que je
peux faire pour te rendre heureux ?
- Princesse
Pa NmN, votre bonté m’a épargné le faste des repas de Nouvel An.
Cependant …
- Cependant ? reprit la princesse aux
yeux de perles NmN.
- J’aimerai revoir la merh. Je veux retourner
dans la mer bien chaude, je veux sentir l’eau bleue caresser mes écailles, je
veux nager à toute allure, ivre de liberté et de joie. Je vais vous demander une faveur : me
libérer. En échange, je vous accorde la réalisation de votre vœu le plus cher.
La princesse aux yeux de perles NmNtoute émue, dit au poisson µ :
- Tu m’as comblé de bonheur, poisson bleu µ. Je te ramènerai à la mer.
La princesse Pa NmNà
l'aide du pêcheur, amena alors le poisson bleu argenté µ aux croisements des océans bleu rouge et jaune. Et là, ils le lâchèrent.
Shua se glissa comme une lame d’une rapidité toute joyeuse. Et avant de
disparaître, il fit une bulle de toutes les couleurs. La bulle devint de plus
en plus grande, et quand elle atteignit la taille d’un homme, elle se
cristallisa en verre. De petits flocons
apparurent sous le verre : c’était l’hiver. Puis le printemps s’ensuivit,
puis l’étéR et l’automne, cela de façon indéfinie. C’est le vœu de la princesse aux
yeux de perles NmN qui
rêvait d’avoir les quatre saisons. Shua, libre et heureux, devint plus bleu et
plus argenté. Le poisson, de nouveau rêvant de voyages lointains et de nouveaux
lieux, prit la direction de l’Occident.
J
C’est ainsi qu’il est venu
me visiter cette nuit-là dans mon rêve, et m’a laissé un goût d’éternité plein
de rêves et d’espoir.
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Lire la version du conte du
poisson bleu
avec les illustrations de mes nièces,
cliquer ici
Texte écrit à Nîmes au mois de
décembre 1991.
Copyright © 2003 Kao-Ly Yang
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